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Alors que la gravité des crises interconnectées de la biodiversité et du changement climatique devient de plus en plus alarmante, le financement des solutions basées sur la nature augmente rapidement. Les températures mondiales atteignant probablement 1,5 °C d'ici 2030, le sixième rapport d'évaluation du GIEC1 prévoyait avec une grande confiance que la tendance au réchauffement entraînera des augmentations inévitables de multiples dangers climatiques et présentera des risques élevés pour les écosystèmes et les humains. En 2019, le Groupe d'experts intergouvernemental sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)2 a rapporté que la nature et ses contributions essentielles aux populations se détériorent dans le monde entier.

En réponse à l’augmentation des dotations accordées à des fonds mondiaux reconnus tels que le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), à la création de nouveaux fonds comme le Fonds du Cadre mondial pour la biodiversité, ainsi que l’augmentation des engagements bilatéraux et privés visant à atteindre des objectifs mondiaux ambitieux en matière de conservation, tels que la protection de 30 % des zones terrestres, des eaux intérieures, des zones côtières et marines de la Terre d’ici 2030 (l’objectif “ 30×30 ”), ont atteint des niveaux historiques. Les flux financiers mondiaux consacrés à la biodiversité ont été estimés entre $123,6 milliards et $142,9 milliards en 2019 et sont en hausse.3 Dans le secteur privé, les engagements en faveur de la neutralité carbone ont stimulé la demande mondiale de crédits carbone volontaires, qui devraient être multipliés par 15 d’ici 2030 et par 100 d’ici 2050.4 Associée à une attention accrue portée à l“” écologisation de la finance » grâce à la réduction des subventions néfastes, à l’amélioration des technologies énergétiques et à des investissements efficaces dans les zones protégées, les infrastructures fondées sur la nature et des pratiques de production plus respectueuses de la nature, une transition économique majeure est en cours pour rétablir l’équilibre de notre planète.

Depuis trois décennies, le FEM et les organisations qui lui sont alliées s'efforcent d'amplifier l'impact de leurs investissements au nom des objectifs de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cependant, le financement n'est qu'une partie de l'équation. L'un des plus grands défis, et des plus grandes opportunités, consiste à mieux lier le financement mondial aux organisations et communautés locales des pays à forte biodiversité, qui sont les gardiens de leurs terres et de leurs eaux depuis des générations, mais qui se heurtent souvent à des obstacles pour opérer un changement à grande échelle, tels que le soutien financier limité. L'une des stratégies du FEM depuis 1991 a donc été de renforcer les capacités institutionnelles nationales par le biais de fonds fiduciaires pour la conservation.
Les Fonds fiduciaires pour la conservation (FFC), souvent appelés Fonds environnementaux en Amérique latine et en Afrique, sont des institutions juridiquement indépendantes qui fournissent un financement durable pour la conservation de la biodiversité. Le cœur de métier des FFC est de mobiliser des ressources auprès de diverses sources – y compris des donateurs internationaux, des gouvernements nationaux et le secteur privé – et de les orienter, principalement par le biais de subventions, vers des organismes gouvernementaux (tels que les agences de parcs nationaux), des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations communautaires en première ligne de la crise de la biodiversité.
Catégorie : #Marine # Zones protégées #Que sont les CTF ?