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Dans un contexte de demande croissante de produits respectueux de l'environnement, le mécanisme proposé consiste en la création d'un fonds pour la conservation de la biodiversité et l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, alimenté par les ressources issues de la production et de la commercialisation de bananes biologiques portant le label neutre en carbone dans la région de Piura, au nord du Pérou. L'hypothèse suggère que les consommateurs de bananes biologiques seraient prêts à payer des prix supplémentaires et/ou à augmenter leurs volumes d'achat pour une banane différenciée de celle actuellement commercialisée. Ce nouveau produit serait une “ banane biologique avec le label neutre en carbone ” qui s'adresserait à un segment de marché où les consommateurs sont conscients de payer un prix supplémentaire pour des bananes qui, en plus d'être certifiées biologiques, garantissent également la neutralisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées dans les processus de production et de commercialisation du fruit.

Pour obtenir le nouveau produit “ Banane bio à l'empreinte carbone neutre ”, trois étapes ont été nécessaires : Mesurer, Réduire et Compenser l'empreinte carbone des bananes bio, puis accéder à la certification carbone neutre, qui a été accréditée par la société de certification SGS du Pérou. Les résultats de la mesure de l'empreinte carbone des bananes bio péruviennes ont montré que pour chaque kilogramme de bananes bio, 0,46 kg d'équivalent CO2 sont générés, la portée de la mesure étant calculée des champs agricoles au port de Paita (Piura, Pérou).

Ces données attesteraient d'un produit à faibles émissions de GES par rapport à l'empreinte carbone générée dans des pays tels que le Costa Rica (1,35 kg d'équivalent CO₂ pour chaque kg de bananes produites) ou l'Équateur (1,27 kg de CO₂ par kg de bananes produites). Quant au plan de réduction des émissions de GES, il suggère que les actions devraient se concentrer sur les processus générant le plus d’émissions identifiées, tels que la fertilisation et la gestion des sacs en polyéthylène utilisés pour protéger les régimes de bananes. Enfin, la compensation des émissions de GES non réduites pour 145 hectares (ha) de culture de bananes biologiques nécessiterait la neutralisation d’environ 1 300 tonnes d’équivalent CO₂, qui seront compensées par l’acquisition d’une quantité équivalente de crédits carbone au prix de 3,5 US$ par tonne.
La compensation sera réalisée avec le Projet REDD du Parc National Cordillera Azul (PNCAZ) et les ressources générées par le paiement de ceux-ci contribueront aux activités de contrôle et de surveillance du PNCAZ. S'il est vrai que les montants susmentionnés ont été constitués lors de la première levée du Fonds Environnemental, la durabilité du mécanisme repose non seulement sur sa constitution mais sur son renforcement et sa consolidation ultérieure, processus qui devraient s'appuyer sur la nécessité pour les producteurs de bananes de compenser les émissions de GES non réduites et de maintenir une certification carbone neutre et par conséquent des prix plus élevés et/ou des volumes de vente plus importants sur les marchés différenciés.
Catégorie : #Agriculture # Empreinte carbone # Neutralité carbone